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Allier rigueur et chaleur

Conseils d'expertNous, parents, enseignants, éducateurs, voulons tous le meilleur pour nos enfants. Nous avons la volonté de leur apprendre à bien faire, conscients que c’est ce qui leur permettra de réussir, de s’intégrer socialement et professionnellement. Actuellement, mieux vaut avoir de bons diplômes. Mais le mieux est parfois l’ennemi du bien.

« J’étais fière d’être deuxième »

Sophie : « Docteur, à 11 ans, lors de mon entrée en sixième, j’ai eu d’excellentes notes au cours du premier trimestre. J’en étais très fière, j’étais deuxième de la classe avec plus de quinze de moyenne. Je me souviens encore de la joie que j’ai ressentie lorsque j’ai reçu mon bulletin. J’ai attendu patiemment avec ma mère, le retour de mon père – qui rentrait toujours très tard du travail – pour lui annoncer la bonne nouvelle. Et puis je me souviens de la douleur cruelle et de la déception que j’ai ressenties lorsqu’il m’a répondu :  Oui, mais tu n’es pas première ! »

« Ce n’était pas suffisant »

Le toujours mieux peut devenir l’ennemi du bien. Surtout s’il s’accompagne d’un manque de chaleur affective. Ce qui était le cas chez Sophie, qui me précisa, un jour : « Je ne me rappelle pas que mon père m’ait jamais câlinée ou fait sauter sur ses genoux ». De nombreuses études en psychologie montrent les effets parfois dévastateurs de nos exigences trop élevées. Face à celles-ci, nos enfants ont tendance « à coller » à nos attentes de parents – c’est ce que l’on appelle le modèle des attentes sociales. Quand ces attentes sont trop élevées, l’enfant se retrouve en échec. Insatisfait, il se dévalorise.

« J’avais besoin d’encouragements, de chaleur »

Si la plupart des parents attendent le meilleur de leurs enfants, ils doivent d’une part encourager leurs efforts bien plus que leurs résultats. D’autre part, leur montrer qu’eux-mêmes ne sont pas des « stressés des résultats » et qu’ils ne se dévalorisent pas devant l’échec : « J’ai échoué ou je n’ai pas réussi cette action, mais cela ne signifie pas que je sois nul » . Différencier la valeur de l’acte – ce que je fais –, de la valeur de la personne – ce que je suis – est une notion à transmettre très tôt à l’enfant. La chaleur affective, l’amour inconditionnel que l’on porte à sa personne – même en cas d’échec – lui apprendra qu’il a le droit à l’erreur, sans pour autant douter de lui. Il se sentira alors dans un climat de sécurité et de sérénité, excellent pour sa réussite future. Lorsque l’on éduque les enfants, il n’y a donc aucune contradiction entre réussite et sérénité. Pas plus qu’entre rigueur et chaleur affective.
Biographie :
Frédéric FANGET est  psychiatre, psychothérapeute, spécialiste des thérapies comportementales et cognitives, Frédéric Fanget est l’auteur notamment de Oser : Thérapie de la confiance en soi, de Toujours mieux, psychologie du perfectionnisme aux Editions Odile Jacob et de Où vas-tu? (Editions les Arènes, 2007).

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