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L’interdit génère le désir

l'interdit génére le désir« L’interdit intelligent rime avec sécurité, autonomie et liberté. » Oui, et trois fois oui ! L’interdit est nécessaire à la croissance harmonieuse de vos enfants.

Il les aide à se construire une personnalité bien affirmée, à vivre avec les autres, en un mot à s’épanouir… À condition qu’il ne cautionne pas une relation
« domination-soumission » et œuvre pour leur autonomisation.Interdire sert entre autres à :

· protéger l’intégrité physique et psychologique de votre enfant
(« Ne touche pas à la casserole d’eau bouillante ! », « Rouler sans casque, c’est interdit ! », prohibition de l’inceste) ;
· apprendre à votre enfant à respecter son entourage
(« Tu n’as pas le droit de frapper ton frère ! », « Tirer les moustaches du chat, c’est interdit ! ») ;
· asseoir les règles de la communauté
(« Je t’interdis de voler, de profaner des cimetières, d’insulter ton enseignant ou tes parents,etc. ») ;
· poser les limites à la toute-puissance de votre enfant
(« Je t’interdis de sortir ce soir ! », « Je t’interdis de regarder la télé tant que tu n’as pas terminé tes devoirs. »), à leurs envies infinies et leur apprendre à survivre à la frustration.

Donc: inutile de gâter vos enfants à l’envi ou de leur faire croire que tout est permis. Vous desservez leur croissance en les privant de cet espace de liberté structuré par l’interdit où l’identité se construit dans plus que dans la jouissance éphémère, dans la capacité à quitter l’omnipotence du moment présent (« le désir de »« Je veux regarder la Star Ac’ maintenant même si je n’ai pas fini mes révisions ! ») pour intégrer que demain existe et qu’un peu de frustration, ça vaut la peine (« Je veux réussir mon interrogation pour devenir un jour pilote d’essai »), le plaisir n’en sera que plus intense. Voilà qui tombe sous le sens : interdisez !

Si certains enfants acceptent rarement le bien-fondé de l’interdit (vous limitez quand même leur liberté !), d’autres cèdent par crainte, ou pour vous faire plaisir. Les fortes têtes s’opposent ouvertement, les autres se rebellent en catimini. Quel plaisir ! Le risque majeur étant à l’adolescence que la transgression devienne une fin en soi : « Je transgresse pour transgresser », et que vos enfants se créent une identité aliénée (Je suis « celui qui transgresse », donc: je ne suis pas moi-même), risquent inutilement leur vie puisque l’excitation liée à la transgression l’emporte. Paradoxalement, l’interdit est détourné de son but premier: éduquer l’être humain.

Évitez de faire de l’interdit un enjeu d’autorité. Permettez à votre enfant d’exercer son libre arbitre comme sa volonté (« Qu’as-tu compris de cette interdiction ? », « Que veux-tu vraiment, accepter ou transgresser ? », « Que signifie ton choix ? », « Que décides-tu ? ») et responsabilisez-le face à ses comportements. Protégez contre elles-mêmes les têtes brûlées galvanisées par les défis et zappant vos discours comme un programme télé. Enfin, donnez à vos enfants la permission de transgresser les interdits insensés qui parlent plus de conformisme et de bêtise que d’humanité !
Alors, ils comprendront que l’interdit intelligent rime avec sécurité, autonomie et liberté.

Hélène Mathieu
Hélène Mathieu, mère de quatre enfants, est enseignante de lettres. Elle est l’auteur de La réussite scolaire et L’épanouissement de l’enfant (Editions Solar)

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