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Bébé aussi a son langage

Bébé aussi a son langage

Bébé aussi a son langagePleurs, premiers mots, puis premières phrases… Le langage de bébé pend forme avec le temps. À travers ce langage naissant, bébé exprime ses besoins. La communication parent-enfant prend ancrage dans cet initiatique ballet de sons. Décryptage de ce langage propre à bébé.

Dès son entrée dans le monde, Bébé tente de « communiquer ». Cris, pleurs, balbutiements lui permettent d'exprimer à sa façon, ses besoins, ses peurs et ses douleurs. Avant même de prononcer des mots, il entre en communication. Michel le Goff, docteur en psychologie et spécialiste du développement psychomoteur de l’enfant, le confirme : « Au fur et à mesure que le nourrisson grandit, différents niveaux de langage se succèdent et se combinent. »

Le langage de la naissance : « J’ai peur, j’ai faim »
La nuit utérine lui avait offert calme, chaleur, tranquillité. La vie extérieure, bruits, lumière et nouvelles sensations parfois hostiles. À ce stade, précise Michel le Goff, ses cris sont moins intentionnels que pulsionnels. Bébé ne comprend pas. Il réagit. Après quelques heures dans son nouvel environnement, ses cris deviennent appels et forment une première ébauche d’échange – variant sur une gamme d’affects limités à la peur et à la faim. Ici, pour être mis en confiance, Bébé recherchera essentiellement sa mère, le contact de sa peau, les pulsions de son cœur, la chaleur de sa voix… dont il reconnaît parfaitement le timbre. Neuf mois de cohabitation, ça aide !

Le langage de 1 à 6 mois : « Je te dis ce dont j’ai besoin »
Après quatre semaines d’adaptation, de découverte, d’apprentissage, le nourrisson élargit sa palette relationnelle. Rage, faim, douleur, crainte, plaisir : il apprend à moduler ses cris en fonction de ses besoins. Constatant par exemple que pour une larme versée, maman lui chante une chanson, il prend vite conscience que ses appels suscitent une réponse appropriée de son entourage. Passé 3 mois, parce qu’il tiendra sa tête bien droite, Bébé s’essaiera à des premiers gazouillis et babillages. Au fil du temps, ses « aheu » deviendront des « areu » et ses « ba » se complexifieront en « bra ». À 5 mois, le petit orateur en herbe tiendra de véritables « conversations » seul ou avec ses parents… Un premier pas vers le langage comme instrument social.

Le langage de 7 à 12 mois : « Je voudrais te dire tant de choses »
Après le sixième mois, Bébé éprouve un réel besoin d’échanger, c’est-à-dire de recevoir et de donner. « Pour cela, observe le docteur J. Chazaud, dans son ouvrage Précis de psychologie de l’enfant, Bébé s’appuie sur le mimétisme. Répondant aux sourires, aux câlins qu’on lui offre, il enrichit pas à pas son système de communication et commence à faire des gammes, dans son lit, le matin. » En passe de construire des raisonnements logiques, il comprend également que ses parents peuvent le quitter d’un instant à l’autre. Pour évacuer ses peurs, il se tourne alors vers un « substitut affectif ». Ici, doudou devient son ami, un véritable confident avec lequel Bébé converse parfois pendant des heures. Une bonne façon de progresser dans l’apprentissage de la langue ! Et aussi de s’initier à ces deux vocables qui sont à l’origine de ses petites appréhensions logiques : maman, papa. « Dans 99 % des cas, explique le docteur J. Chazaud, il s’agit là des deux seuls mots qu’un enfant âgé de moins de 1 an connaît. »

Le langage lors de la première année : « Ça y est : je te parle à ma façon »
C’est au cours de sa première année que Bébé construit vraiment les bases de son futur « parler ». Apprenant, entre le treizième et le quinzième mois, à combiner langage réceptif (la compréhension) et langage productif (l’expression), il élargit son vocabulaire à une dizaine de mots environ. « À partir de 20 mois, explique le thérapeute Terry Brazelton, auteur de l’ouvrage Points forts : de la naissance à 3 ans, Bébé accompagne son langage de mouvements d’yeux et de gestes distincts. Quand il veut, par exemple, attirer l’attention de ses parents, il va tendre le doigt et vocaliser. De cette façon, il tente d’expliquer ce qu’il désire. Son discours devient ainsi de plus en plus clair… pour son entourage et pour lui-même. »

Le langage lors de la deuxième année : « Je communique vraiment »
À partir de 2 ans, Bébé devient un enfant. Il s’individualise. Utilisant de véritables phrases, il s’essaie progressivement aux adjectifs et aux verbes… qu’il ne sait pas toujours conjuguer avec justesse : « maman jolie robe », « papa manger », « moi être triste », etc.
« Cela étant, explique le docteur en psychologie Michel le Goff, à ce stade – appelé stade holophrastique –, les acquis sont très variables d’un bambin à l’autre. Aussi, la meilleure façon d’évaluer la compréhension d’un enfant, au cours de sa deuxième année, est d’observer comment il utilise l’expression corporelle. S’il se fait clairement comprendre par ses gestes, cela signifie qu’il a acquis les codes élémentaires de la communication et qu’il va finir par se mettre à parler. S’il parle déjà, Bébé ne maîtrise généralement qu’une centaine de mots directement liés à son propre environnement familial et affectif. »

Le langage de la troisième année : « Je deviens même bavard »
Passé 3 ans, le monde psychoaffectif de l’enfant s’élargit… et son vocabulaire avec. Ici, explique Terry Brazelton, « l’école lui permet de multiplier ses expériences avec les autres et renforce vite sa découverte de la langue ». Apprenant plus d’un mot par jour, l’enfant structure de mieux en mieux ses phrases. Si son style reste, globalement, télégraphique, le bambin acquiert la syntaxe par analyse et non plus par imitation, comme il le faisait jusqu’alors. Bref, « équipé » pour échanger – passé 36 mois, il maîtrise plus de neuf cents mots – le petit linguiste en herbe est en passe de devenir un grand, très grand orateur.

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