Nouveauté

L’autorité passe-t-elle par les pères ?

father-and-son-1153919_960_720Cette vision correspondait à une réalité culturelle bien différente de celle d’aujourd’hui. Le rôle des pères a changé, ils souhaitent davantage partager, jouer, communiquer, s’occuper de leur enfant. Ce sont des pères qui n’ont pas forcément envie de rentrer à la maison pour poser le cadre.


 

Mère et affection, père et autorité, cette idée encore répandue chez certains, a été entretenue par le concept lacanien de « fonction paternelle » : le père doit intervenir dans le corps à corps fusionnel mère-enfant et il serait le seul porteur de la Loi selon Lacan. La psychanalyse a nourri cette croyance, que ce soit Lacan ou Dolto avec la place qu’ils donnaient au père dans l’éducation de l’enfant : le rôle d’un censeur, celui qui pose les limites, les interdits (dont l’interdit de l’inceste).

Une définition obsolète des rôles

Aujourd’hui, l’idée que les rôles seraient ainsi figés est remise en question. Au contraire, concrètement, c’est la mère qui pose le plus souvent l’autorité. D’une part, elle est la première à confronter le bébé à la frustration, inhérente à tous les interdits : attendre le biberon, les bras, le câlin… D’autre part, c’est encore elle qui passe le plus de temps avec le bébé. Factuellement, la mère apporte tendresse et protection en même temps qu’elle pose les petits non quotidiens : il est interdit de lancer des objets à la figure, de se pencher par la fenêtre, de colorier les murs…

Outre cette réalité familiale et quotidienne, la définition sociale de l’autorité a évolué et on en vient aujourd’hui à une acception plus proche de la lettre. En effet, la racine du mot « autorité » signifie croître. Détenir l’autorité, ce n’est pas avoir un pouvoir sur l’autre, mais être chargé de l’aider à grandir… L’autorité visant à ordonner, sanctionner, contrôler n’a plus cours depuis la loi de mars 2002, qui instaure l’autorité parentale, définie comme un ensemble de droits et de devoirs conjoints ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant ; les parents sont là pour le protéger et assurer son éducation.

L’autorité est-elle devenue unisexe ?

L’autorité et l’affection n’ont pas de sexe, ce qui prime finalement c’est la personnalité de chacun. Les parents se répartissent les rôles selon leurs capacités à poser des limites. Et cette évolution ne nuit pas à la construction identitaire des enfants. L’enjeu pour les jeunes parents est surtout de regarder l’autorité et les interdits autrement. Père ou mère, les parents sont là pour aimer et faire croître leur enfant. Si l’amour est le terreau, l’autorité est le tuteur qui permet aux enfants de bien grandir. L’essentiel est que le cadre soit posé, par le père comme par la mère, étant entendu que l’idéal est que les parents soient d’accord sur les règles à respecter quelle que soit la personne qui les fait le plus souvent respecter.

Si les pères d’aujourd’hui ont découvert le bonheur d’être en contact, en interaction avec leurs enfants et qu’ils ont établi un autre type de relation avec leur petit, il n’est pas rare que le père soit naturellement crédité de plus d’autorité par l’enfant. Ne serait-ce que parce qu’il parle avec une voix plus grave et souvent plus ferme. Si maman a un ton de voix trop doux, il est fort probable qu’elle aura à s’y reprendre à plusieurs reprises avant d’être entendue. Dans l’autorité, les deux parents ont un rôle à jouer. L’enfant a besoin de ces deux types de relation pour se construire, pour grandir et faire son chemin à son tour.

Extrait de l'autorité tout en douceur. Vanessa Saab. Editions First

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