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Devenir un parent bientraitant

hands-3120717_1920La plupart des parents développent naturellement un comportement bienveillant, parce que tout le monde souhaite voir ses enfants heureux et en bonne santé. Ainsi, répondre à toutes leurs demandes pour qu’ils soient contents, leur cacher un décès pour les protéger des souffrances peut participer d’une intention bienveillante. Leur parler, les câliner, les couvrir de tendresse sans avoir à poser de sanction. Cela apparaît comme une attitude bienveillante mais est-elle fondamentalement bientraitante, sur le long terme ?

De la bienveillance…

Parce que la bientraitance, selon Patricia Chalon, psychologue et auteur du livre De la bienveillance à la bientraitance, se situe au-delà de la gentillesse : elle est l’essence de la bonté vraie. Alors que la bienveillance participe d’une vision à court terme (céder pour mettre fin à son caprice), la bientraitance consiste à prendre du recul pour voir au-delà de sa satisfaction immédiate – tenir sa position malgré la colère de l’enfant (lui apprendre à ne pas utiliser la colère pour obtenir ce qu'il veut). Un processus hautement bientraitant commence souvent par un acte apparemment contraire à l’intérêt immédiat de l’enfant… ou de celui du parent : le confort de l’adulte peut dicter une attitude bienveillante, par exemple tenir la cuillère de son enfant pour qu’il mange proprement. Or, être un parent bientraitant consiste à l’accompagner dans son apprentissage, en le laissant manger seul quels que soient les dégâts.

… à la bientraitance

Même si, au début, l’enfant en met autant par terre que dans sa bouche… Il est bientraitant de s’organiser pour donner du temps à son enfant : lui apprendre à se laver, à s’habiller seul. Aucun apprentissage n’est immédiat. En accordant à l’enfant notre confiance et en se mettant à son rythme pendant les quelques semaines ou quelques mois nécessaires, on l’aide à grandir. À long terme, tout le monde est gagnant : l’enfant devient autonome, le parent n’a plus la charge de ces tâches quotidiennes. Dans un premier temps, la bientraitance nécessite donc un peu plus d’énergie… En effet… et elle demande aussi d’accepter de ne plus être indispensable à ses enfants. Elle nécessite également de faire preuve de tolérance, pour accepter les ratages et les imperfections liés à tout apprentissage…

Comment agir au quotidien ?

Prévenir la maîtresse pour qu’elle accepte le comportement de l’enfant est bienveillant. Mais bientraiter un enfant ce n’est pas l’enfermer dans un caractère type où vous et votre entourage projetterez tous ses comportements ; une case dont il aura d’autant plus de mal à sortir que les enfants sont très loyaux et peuvent chercher à se conformer à ce qu’ils entendent comme des « attentes »… La bientraitance consiste donc à éviter les modes prédictifs qui transforment un comportement parfois circonstancié (sa colère peut être due à l’arrivée d’une petite sœur) en structure figée dont il est prisonnier.


Petit quiz : Êtes-vous un parent bientraitant ou bienveillant ?

  1. Le grand-père de votre enfant de 3 ans vient de décéder. En parlez-vous ?

Oui forcément. Mais vous adaptez vos mots à sa compréhension

Non.  Il est trop jeune, vous éludez le sujet, pour éviter de lui faire de la peine.

  1. Votre enfant vous fait une crise au supermarché pour avoir des bonbons. Vous les achetez ?

Oui. S’il pleure ou insiste trop. Vous ne voulez éviter un esclandre au supermarché.

Non. Il n’est pas question que vous cédiez devant une colère.

  1. Lorsqu’il croise une connaissance, lui demandez-vous de saluer ?

Non. Vous ne l’ennuyez pas avec ça, il est encore petit.

Oui. Même si vous ne l’obligez jamais a faire une bise, vous lui demandez au moins de dire bonjour.


Résultats

Au moins 2 oui : vous avez tendance à privilégier la bienveillance.

Au moins 2 non : vous pencheriez plutôt pour une attitude bientraitante.

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