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Autorité : quand poser les premiers « non » ?

Autorité : quand poser les premiers "non" ?

Autorité : quand poser les premiers "non" ?Quand poser les premiers « non » ? Un enfant de moins de 2 ans est-il vraiment en âge de comprendre les interdits parentaux ? Zoom sur l’autorité et les tout-petits en 5 temps, 5 mouvements.

1 Idée reçue : La peur du loup dans le noir est un caprice
Pour un petit, l’imaginaire et la réalité, représentent exactement la même chose. Comme l’explique le neuropsychiatre Roger Mucchielli, « un jeune enfant est capable d’avoir des idées “eidétiques”, c’est-à-dire de se représenter des images qu’il prend pour des réalités. » Ce loup qui le terrorise tant, il le voit vraiment dans son lit. Du moins le croit-il. « C’est sa façon à lui d’exprimer ses angoisses devant un monde extérieur qu’il ne comprend pas encore. » Parler de caprice revient donc, ici, à nier ses questions, ses inquiétudes.

2 Idée reçue : Il ne parle pas (ne marche pas) par paresse
La notion de paresse n’existe pas chez les petits enfants. Marcher ou parler demandent avant tout de la patience, de la motivation. En réalité, ces deux apprentissages dépendent d’une part de la place de l’enfant dans sa famille (souvent, les aînés sont, de ce point de vue, autonomes plus rapidement), d’autre part de l’attitude des parents face à leur enfant – trop de stress ou de pression l’inhibera et constituera un frein à son développement. Son tempérament entre également en compte : certains bambins sont ainsi naturellement moins rapides que d’autres et les parents n’ont pas à s’en inquiéter.

3 Idée reçue : Quand il pleure dans son lit, je le laisse. Je ne veux pas en faire un capricieux.
36 % des enfants de moins de 6 ans ont des troubles du sommeil. 52 % ont besoin de plus de trente minutes pour s’endormir, 19 % sont sujets aux cauchemars et 9 % connaissent des terreurs nocturnes. Les laisser pleurer n’est pas la solution. Il est important de réagir, au cas par cas, et en fonction de l’âge de l’enfant. À 6 mois, il faut intervenir et le prendre dans ses bras pour le calmer. À partir de 18 mois, il suffit parfois de le rassurer en lui parlant. Comme le disait Françoise Dolto : « Les caprices ne s’installent que parce qu’on les appelle “des caprices”. Ils viennent d’une incompréhension de l’enfant. »

4 Idée reçue : Avant 2 ans, poser des limites est inutile
Dès que l’enfant s’éloigne de ses parents, dès qu’il commence à se déplacer à quatre pattes, il court de vrais risques. Très tôt, il est donc capital de lui fixer des limites de sécurité – interdit de toucher les prises électriques, de boire le parfum de maman, etc. – et des règles de savoir-vivre – on dit bonjour, merci, etc. Bien sûr, à cet âge, rien n’est évident et ces règles doivent être répétées plusieurs fois par jour. Surtout à l’âge de 2 ans, quand commence la fameuse période du « non » – aussi appelée Terrible two’s. Durant cette période qui ne dure généralement pas plus de six mois, l’enfant cherche à s’imposer et ses parents doivent bien souvent user de fermeté et de patience pour se faire entendre et comprendre.

5 Idée reçue : Il fait des colères. Ce n’est pas grave, il est encore petit.
Qu’il en fasse de temps en temps, rien de plus normal, mais pour autant la colère ne doit pas devenir un mode d’expression ou de communication quotidien chez l’enfant. Parce que si, généralement, les prétextes qui peuvent servir de déclencheurs à ses crises sont multiples, les vraies raisons, elles, sont moins nombreuses. Il y en a deux principales : la frustration interne – l’enfant veut faire quelque chose mais n’y parvient pas – et le refus de l’interdit. Toujours est-il qu’ici, il est important de ne pas répondre à la colère par la colère. C’est la meilleure façon de redoubler l’agressivité de l’enfant ! Si celui-ci se met dans un tel état, c’est justement parce qu’il a du mal à s’exprimer autrement. Il faut donc l’aider à traduire ce qu’il ressent. Mais avant tout, il est nécessaire de l’isoler gentiment, jusqu’à ce qu’il retrouve son calme.

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